L'obsession de la souveraineté, un cas plus subtil qu'il n'y paraît
Deux jours au salon Big Data & AI N°2 - L'obsession de la souveraineté, un cas plus subtil qu'il n'y apparaît
On attendait un mot-clé marketing. On a plutôt entendu une fatigue opérationnelle, précise, et souvent inconfortable.
Ce que révèlent les témoignages
Un éditeur de solutions données et analytiques pose le sujet en termes économiques et juridiques : prix imprévisibles (jusqu'à 12 % d'augmentation moyenne chez certains acteurs américains), « supplier lock-in » via des API profondément intégrées, pluri contrats annuels difficiles à quitter. Et le Cloud Act en toile de fond : le chiffrement ne protège pas d'une réquisition chez les grands hyperscalers américains.
Un leader de l'énergie électrique y voit un risque : perdre la maîtrise de ses informations, subir une dépendance difficile à inverser, affaiblir sa capacité de réponse en cas de crise. Sa réponse : un partenariat avec Mistral et un cloud français. Un cabinet de conseil aborde cette posture : choisir un partenaire français ne suffit pas à être souverain. Pour lui, le fournisseur doit avant tout pouvoir être remplacé, même les plus en vue aujourd'hui peuvent perdre leur avance dans six mois. D'où l'intérêt d'une couche d'abstraction et d'une approche multi modèles dédiés à chaque besoin.
Chez une grande banque de détail, au budget IA annoncé de 550 Millions en trois ans, la souveraineté se joue dans la connaissance elle-même : expérimenter, partager en interne, sans jamais déléguer le choix à un prestataire.
Uncteur
Dans un grand groupe bancaire mutualiste, un chantier en cours illustre où se déplacer la complexité : arbitrer dynamiquement le LLM utilisé selon le budget de tokens (« Objectif : Pour 100 tokens consommés, 200 (quelle unité, token ?) de récupérés ») et la mutualisation de requêtes similaires entre utilisateurs, piloter en continu un compromis coût/performance/charge, à l'échelle de plusieurs millions de clients.
Ce qu'on en retient
Dans un monde interconnecté, la souveraineté est une illusion. Le vrai sujet n'est pas l'indépendance absolue, mais la capacité à choisir, à sortir si besoin, et à décider en connaissance de cause. La souveraineté n'est pas un état qu'on atteint ; être libre, c'est être capable d'agir selon sa propre raison plutôt que selon ses impulsions ou ses dépendances, la quête de chaque instant