Deux jours au salon Big Data & AI N°3 : Derrière l’IA, le recrutement dans le dur
N°3 - Deux jours au salon Big Data & AI : Derrière l'IA, le recrutement dans le dur
Ce que révèlent les témoignages
Une société d'ingénierie acoustique événementielle a offert l'illustration concrète des dégâts d'un accompagnement absent : un cas d'usage confié à un collaborateur débutant (un agent de lecture de contrats) un produit une synthèse médiocre, demandant finalement plus de temps à la relecture nécessaire au regard du risque que le gain apporté par le LLM. Le problème n’était pas l’outil, mais l’absence d’accompagnement et de discernement. Il y a une bonne trentaine d'années, l'IA se résume aux systèmes experts, alimentés par des experts. Et s'ils disparaîtront prochainement ?
Concernant la thématique des Ressources Humaines, le point culminant aurait dû venir de la session « Futur du travail à l'ère de l'IA », réunissant un panel d'intervenants RH. Ce ne fut pas le cas. Au menu, rien de bien folichon : nouveaux métiers à inventer (prompt ingénieurs et consorts), équipes mixtes se concentrent au profit d'agents, tâches simples confiées aux juniors basculants vers l'IA au risque de ne plus apprendre par l'apprentissage de l'erreur.
Plus spécifiquement le recrutement, ce même panel a peiné à sortir des classiques du recrutement (choisir des potentiels, penser aux soft skills, trouver des passionnés, prendre des personnalités) en n'incarnant pas ce que l'IA change vraiment à la donne. Puis vint le moment du nombril, la difficulté à ausculter des centaines de CVs tous générés par l'IA, en réponse à des centaines d'annonces toutes générées par l'IA!
On aurait pu espérer d'autres de réflexion : la capacité à garder de la distance face à une simulation de l'humain, à se rappeler que contredire c'est immanquablement recevoir une réponse destinée à flatter, à disposer d'une intuition pour trouver où se loge la faille, à savoir poser un problème ce que la machine ne sait pas réellement atteindre, la créativité comme différence qu'une IA est incapable d'apporter, à raisonner au-delà d'une seule logique formelle, finalement la capacité, au-delà des compétences Traditionnellement, à comprendre ce que l'humain doit proposer au-delà des schémas que l'IA lui applique.
Ce qu'on en retient
Un constat traverse toutes les sessions : l'humain y est finalement peu intervenu, sinon pour rappeler l'évidente difficulté à contrôler les résultats des productions à l'aide de l'IA. Le besoin est peut-être moins la formation de tout le monde à l'IA (satisfaire le facile prérequis social), que de repenser les parcours d'apprentissage quand les tâches qui formaient ici ne sont plus là, et de redéfinir, au-delà des compétences, ce qui fait qu'un humain garde la main.